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26/11 Papier jauni, poussière du temps: quelques remarques sur le vieillissement des œuvres, par Paul-André Claudel

APPEL D’ARTICLES POUR LE COLLECTIF LORANGER SOUDAIN À la suite du colloque Loranger soudain, tenu les 20 et 21 septembre 2007 à l’Université Laval, l’idée de publier un collectif sur l’œuvre de Loranger s’est imposée d’elle-même. Profitant de l’élan du colloque, le temps nous paraît idéal pour réunir des articles afin de créer un premier ouvrage consacré à cet écrivain. En épigraphe au premier livre de Loranger (Les atmosphères, 1920), se trouve une phrase de Jules Romains : « Quelque chose s’est mis à exister soudain ». Bien entendu, cette phrase doit être comprise dans le contexte stratégique du recueil. Elle prépare le lecteur à ce qui va suivre en l’enjoignant à lire sous un mode particulier, qui est peut-être celui de la littérature. Mais quel est le statut de ce qui « se met à exister soudain », sinon celui d’une singularité ? C’est à partir de cette idée de singularité, qui reste à déployer, que ce collectif souhaite revenir à l’œuvre de Loranger d’abord et à sa place dans notre littérature ensuite, en essayant de dégager l’œuvre elle-même de sa récupération aux fins du nécessaire récit de notre histoire littéraire. Qu’est-ce qui, dans les textes de Loranger, « se met à exister soudain » ? Une forme de rapport au monde qui suppose une fascination immobile pour les départs ou pour l’étrange ? Une alternative entre la posture du « passeur », qui choisit de rester au milieu des choses, au plus près de sa mort, et la posture du « vagabond », qui accepte de vivre en société moyennant beaucoup d’hypocrisie ? En interrogeant la part de singularité des textes, qui restera irrécupérable, leur véritable portée se découvrira, au-delà des procédés, des influences, de l’inscription dans un contexte plus global, voire des éventuelles maladresses d’écriture. De plus, les textes de Loranger ne sont pas seulement eux-mêmes de l’ordre de ce qui « se met à exister soudain ». Ils viennent aussi après cette singularité mystérieuse, pour en témoigner, pour la dépeindre. La littérature répond au réel de l’existence, qu’elle invente du même coup. L’histoire de la réception et de la diffusion de l’œuvre, qui est bien entendu encore en train de se faire, [...] Lire la suite sur Infos Fabula