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22/11 L’Ironie contemporaine : littérature, philosophie, politique, médias

L’Ironie contemporaine : littérature, philosophie, politique, médias. Colloque international, en Sorbonne, les 9 et 10 juin 2008 appel à contributions : jusqu’au 7 décembre 2007 « Si seulement, du souffle de l’harmonie, On pouvait faire tourner l’essieu. Si, sans le frein grinçant de l’ironie, On pouvait mouvoir quelque chose » Cyprian Norwid, « Ironie », trad. de Yves Bonnefoy Le monde contemporain avec son pluralisme de valeurs nous impose la tolérance, et par là, il nous contraint de mettre entre guillemets notre propre opinion, de la considérer comme l’une parmi d’autres, et non pas comme la seule véritable et authentique. La franchise est suspecte, on la soupçonne d’être naïve ou dogmatique. L’expression directe et passionnée des convictions est mal vue dans les sciences humaines. La crise de la parole sérieuse provoque la multiplication des discours « doubles », obliques : parodies, pastiches, textes elliptiques, constructions ironiques. Une distance envers soi-même caractérise les citoyens de nos démocraties, ce qui les distingue des ironistes d’autrefois, lesquels critiquaient subtilement l’autrui, en se plaçant eux-mêmes dans la position supérieure. A la différence de l’ironie rhétorique et de ses multiples manifestations, nous pouvons parler aujourd’hui d’une nouvelle forme de conscience ironique. Trompeuse, fugitive, désabusée, irresponsable, elle prend une posture qui transgresse « la bonne foi » et, dans son mouvement, suspend la notion classique de vérité. Pourtant, la thèse sur l’omniprésence de l’ironie dans les discours contemporains peut être mise en doute. Nous invitons aussi à s’exprimer tous ceux qui souhaitent la contredire, les partisans de la passion, les défenseur des discours univoques et transparents face l’intention du sujet, ceux qui désirent changer le monde sans entendre « le frein grinçant de l’ironie ». Il se peut que pour certains ce « grincement » signifie non pas la crise du système mais l’usure des manières d’en parler, non pas tant la crise de la connaissance que le défaut de l’appareillage, toujours possible à réajuster. Mais là aussi, nous nous retrouvons face à l’ironie : de la critique découle la raillerie, à la place de l’ironie nous avons une satire politique, et la posture ironique se transforme en parole militante. C’est pourquoi, en parlant de l’ironie contemporaine, il faut prendre en [...] Lire la suite sur Infos Fabula